Orage tulips and purple pansys
Contemplation,  Sagesse

Entrée de journal sur une rencontre avec la beauté

La Beauté est la Vérité, la Vérité Beauté
John Keats

Dans son livre Ecrire vers la plénitude, l’analyste jungienne Susan Tiberghien invite le lecteur à prendre le temps d’ écrire une entrée de journal sur une rencontre avec la beauté.

Ferme les yeux et souviens toi d’une promenade, d’arbres à flanc de colline, d’un coucher de soleil, d’un oiseau en vol, d’une fleur après la pluie, d’un visage plus lumineux que les autres. Décris ce que tu as vu et ressenti.

À partir de cette invitation, j’ai posé la question à mon âme : « Que veux-tu que je sache aujourd’hui sur la beauté et la vérité ? »

L’âme, la beauté et la vérité vont ensemble comme le pain, le beurre et le miel. Elles s’accordent et nourrissent celle qui trempe une tartine dans son café du matin. Est-ce une image trop triviale pour des notions aussi estimables ? Sans doute. Pourtant, l’âme, la beauté et la vérité relèvent bien de la vie quotidienne.

Cela me rappelle les habits du dimanche de mon enfance. Pourquoi ma plus jolie robe et mes meilleures chaussures devaient-elles rester dans le placard pendant la semaine, pour n’être portées qu’à la messe ? Bien sûr, je comprends aujourd’hui la nécessité, pour ma mère, de ménager la garde-robe de ses enfants. Mais, petite, je voulais porter mes vêtements du dimanche tous les jours.

De la même manière, la beauté et la vérité ne peuvent rester dans l’armoire pour n’en sortir qu’aux grandes occasions. Je t’invite à les porter quand tu le souhaites. Que cette parure t’aille comme une seconde peau. Sois attentif à la beauté qui t’entoure et tout ouïe à la vérité. Apprends à etre à l’aise avec la vérité qui se découvre dans la quiétude, lorsque l’on écoute avec sagesse et questionnement.

D’abord, il y a la véracité des faits. En cet âge d’intelligence artificielle surchargée et de propagande sans retenue, nous devons apprendre à vérifier les faits, à discerner le vrai du faux et à contrecarrer, avec stratégie, toutes les façons dont la souveraineté et la dignité humaines sont assaillies.

Je lis en ce moment la Lettre encyclique du Saint-Père Léon XIV, Magnifica Humanitas (15 mai 2026), une réflexion de LÉON XIV sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Loin d’être technophobe, Léon nous demande, entre autres, d’assurer la dignité du travail et de veiller à ce que les avancées technologiques respectent la dignité humaine. Une conversation d’actualité s’il en est!

Et au-delà du « c’est noir, c’est blanc » — et souvent « c’est gris » — il existe une vérité plus vaste.  

Ce sont les lois universelles qui régissent l’humain. Depuis toujours, ces lois sont étudiées et transmises dans les monastères, à la lecture de textes anciens, en pèlerinage ou sur les bancs d’université et, le plus souvent, auprès d’un grand-parent. Et là encore, les interprétations divergent et les distorsions abondent, mais n’est-il pas vrai que la violence engendre la violence, que la haine ne guérit rien, que la vengeance n’apporte pas l’apaisement, que la cupidité rend esclave et que le mensonge affaiblit celui qui ment?

Certes, nous avons tous nos parts d’ombre et aucun n’échappe aux erreurs de jugement ni aux regrets. Ce qui me semble certain, c’est que personne n’est au-dessus de ces lois universelles — elles s’appliquent à tous, en tous lieux et en tous temps. Dans l’absolu, la dignité de l’autre reste inviolable.

Pour revenir à la beauté et à la vérité, le sujet est immense et ces quelques réflexions restent bien limitées.

Alors, je t’invite à la curiosité, à l’appréciation, à la créativité, à la passion tant dans leur recherche que dans leur expression.

Tu en seras embelli/e.

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